Après avoir fait le portrait de la librairie presse indépendante Le Canard, un autre mode d’accès à la lecture mérite l’attention : les boites à livres.
En Belgique, le site Boites à Livres en Belgique en dénombre environ 3 600, réparties sur l’ensemble du territoire.
Romans, bandes dessinées, essais ou récits de voyage y sont déposés et empruntés librement, sans inscription ni contrainte.
« Elles incarnent un partage simple et convivial », résume Martine, qui accueille sur sa façade la seule boite à livres de Bousval.
Il y a une dizaine d’années, elle découvre les boites à livres en France.
« À l’époque, ça n’existait pas encore vraiment en Belgique. Je me suis dit que c’était une super idée ». De retour au village, elle lance l’idée et trois boîtes sont installées.
Mais une seule survivra, la sienne, « sans doute parce qu’il y a plus de passage », analyse-t-elle.

Martine nous ouvre sa boîte à livres
Car le succès d’une boite à livres ne doit rien au hasard. « Il faut qu’elle tourne », insiste-t-elle.
Chaque jour, elle vérifie son contenu, retire les ouvrages abîmés ou délaissés, et veille à la qualité générale. Une gestion discrète mais essentielle pour maintenir l’attractivité du lieu. « Ce n’est pas une poubelle », rappelle-t-elle, évoquant ces dépôts massifs de livres inutilisables qui peuvent décourager les utilisateurs.
Malgré ces défis, la passion de Martine reste intacte :
« J’aime voir les livres partir, en choisir d’autres, faire tourner. Et puis, j’aime l’idée qu’ils aient plusieurs vies. »
L’alimentation de la boite repose à la fois sur les visiteurs et sur elle-même. Grande lectrice et ancienne libraire, elle sélectionne avec soin les ouvrages :
« J’essaie de proposer des livres récents, variés.
Je sens un peu ce qui va plaire. »
Et le phénomène est parfois surprenant : « Quand je dépose des romans récents, en une heure ils ont disparu. »
Dans la commune de Genappe, pourtant, ces initiatives restent encore limitées.
On compte seulement cinq boîtes à livres : rue des Marchats, 19 et rue de Charleroi, 58 à Genappe, rue du Château, 57 à Bousval, rue René Evrard, 4 à Glabais, et rue Armand Ginion, 10 à Vieux-Genappe. Une présence modeste qui réduit la visibilité de ce réseau pourtant en pleine expansion.
Gratuites et accessibles à tous, les boites à livres jouent pourtant un rôle important.
Elles favorisent notamment les échanges entre habitants.
« Je croise parfois des gens, on discute. Certains me disent qu’ils ont trouvé un livre qu’ils cherchaient depuis des années », raconte Martine.
L’appel est lancé : particuliers, commerçants ou associations, pensez à installer une boite à livres. Un simple mur, un jardin ou un porche suffisent pour ouvrir une nouvelle porte sur la lecture partagée.