Myriam le Paige-Peeters s’en est allée.
Après avoir courageusement lutté contre la maladie qui s’était brutalement déclarée, Myriam le Paige s’est éteinte en septembre dernier.
Myriam, jeune céramiste, et sa famille s’étaient installées à Bousval en 1988.
Elle y a vécu 30 ans avec Olivier et leurs 5 enfants avant de s’établir non loin de Marche en 2018.
Tous deux se sont très vite impliqués dans la vie du village, de la paroisse et de l’école, se faisant ainsi de très nombreux amis et connaissances.
Institutrice de formation, Myriam s’est rapidement tournée vers le travail de la terre.
Après un temps d’apprentissage chez une artisane, elle consolide sa formation à l’académie de Wavre.
Myriam a fait de la céramique son métier, métier qu’elle a pratiqué durant plus de 45 ans.
Elle aime la terre brute qui contraste avec le raffinement des émaux qu’elle fabrique elle-même à partir de terres, roches, cendres et oxydes métalliques.
Elle a participé à de nombreuses expositions et parcours d’artistes. Sa sensibilité et sa créativité lui ont donné une belle renommée.
L’inspiration de Myriam trouve très souvent son origine dans la nature en gestation : bourgeons, chrysalides, insectes, la vie cachée qui éclot.
Elle transmet l’émotion dans la terre en « laissant parler ses mains ».

« J’aime traduire dans la terre le monde qui m’entoure. Monde végétal, animal, minéral, céleste, sous-marin et sous-terrain. J’aime donner un souffle de vie aux formes, les gonfler comme une respiration. Mes thèmes favoris sont l’éclosion, la naissance, la transformation, ce qui nait. »
Myriam a réalisé de nombreuses œuvres remarquables et grandioses, ainsi le bas-relief « Au cœur de Bach », réalisé en 1985 à l’occasion du tricentenaire de la naissance de Jean-Sébastien Bach. Elle n’a cependant pas négligé la réalisation de pièces utilitaires uniques et d’une finition impeccable.


Myriam avait le goût du beau, elle savait mettre en valeur des objets simples qui « agrémentent l’art de vivre autour de la table ».
Myriam a partagé son art avec de nombreux enfants en stage ou à l’école et des adultes auxquels elle a enseigné pendant des années parfois, l’art du tour, du colombin, des plaques, du modelage et de l’émaillage.
Avec simplicité et bienveillance, elle était douée pour éveiller la créativité de chacun.
Elle emmenait les enfants dans des histoires merveilleuses et fantastiques, les aidant à donner forme à leurs personnages imaginaires.
De nombreuses traces de son passage demeurent dans le village : un très beau bas-relief orne son ancienne maison rue du Château, une petite statue de « Sainte Marie » veille dans la cour de l’école et par-ci par-là, à la façade de maisons, on peut découvrir le numéro réalisé par ses élèves au moment d’un stage.
Combien de Bousvaliens n’ont-ils pas un bol, un coquetier, une théière, un vase ou un service de table ou encore le bas-relief de leur maison… ?
Nous ne l’oublierons pas et nous présentons nos plus sincères condoléances à Olivier et à sa grande famille.